07.10.2009

Les viticulteurs de l'Ouest audois plaident leur cause

Isabelle Chésa, conseillère régionale,  est venue aux vignobles de Carsac pour entendre les représentants des viticulteurs de l'Ouest audois quant à la crise du vin qui perdure depuis quelques années déjà.

MM. Bernard, président des vignobles de Carsac, Guiraud et GOuzy, vice-présidents, Depaule, trésorier et Piva, directeur, ont chacun leur tour exprimé leurs doléances et surtout leurs inquiétudes. Plusieurs problèmes ont été abordés pour mieux faire comprendre à Isabelle Chésa l'urgence d'une prise de décisions par les pouvoirs publics.

004.JPGCette année, par exemple, la production est prévue aux alentours de 45 000 hectolitres alors que la capacité habituele se situe entre 55 000 et 60 000 hectolitres. Ce sera donc une très petite année mais de très bonne qualité qui, malgré tout, ne compense plus la quantité manquante.

M. Piva a souligné qu'il y a sept ou huit ans en arrière, les courtiers se battaient pour faire le prix du vin et que ce n'est plus le cas actuellement. Il n'y a plus d'euphorie particulière comme on l'a connu aux temps anciens où la vigne avait encore une valeur marchande. 80% du raisin récolté est prévendu à trois partenaires spécifiques, dans la grande distribution.

Ls vignobles de Carsac ont encore 100 adhérents sur la cave. Tous sont d'accord pour dire que pour le moment, l'Ouest audois a été relativement épargné mais qu'il ne va pas tarder, lui aussi, à être rattrapé par l'arrachage. Le prix du vin ayant été aligné sur les cours mondiaux, le prix à l'hecto est trop bas. Pour faire une comparaison, le merlot se vend au même prix, proportionnellement, qu'en 1987. On sent les viticulteurs résignés sur leur avenir qu'ils voient trop compromis. Il n'y a plus de jeunes pour reprendre les exploitations et encore moins en créer. Non seulement ils ne peuvent en vivrre mais ils perdent de l'argent. Beaucoup survivent grâce au salaire de l'épouse quant elle a la chance de travailler en dehors du vignoble.

Mme Chésa a exprimé le sentiment d'inquiétude qu'elle a ressenti à chacune de ses visites en milieu agricole. Les rendements diminuent depuis trois ans. Des cépages comme le grenache ou le cinsault ont un bon rendement et le rosé se vend bien parce qu'à la mode en ce moment.

Le problème de l'irrigation a également été beaucoup discuté. Elle est nécessaire pour la qualité et le rendement mais elle a surtout un coût et sur ce point, les viticulteurs n'en attendent pas de miracles et là encore, sont sans illusion. Tous craignent qu'on finisse par "irriguer un cimetière" car si le projet d'irrigation n'aboutit que dans quatre ou cinq ans, il sera bien trop tard et on aura enterré le vignoble audois depuis longtemps.

M. Bernard s'est fait le porte-parole de ses pairs pour signifier l'urgence des aides à apporter au secteur viticole et les négociations à mener entre les pouvoirs publics, la grande distribution et les producteurs. La viticulture espagnole s'est vue débloquer des fonds et a fait l'objet de travaux importants avec des financements européens et beaucoup ne comprennent pas pourquoi il n'en est pas de même pour les viticulteurs français. Il y a aussi le problème des produits phytosanitaires autorisés en Espagne mais interdits en France : où est l'Europe ?

Au niveau de la gestion, c'est le caviste qui suppporte la charge financière des stocks. Il n'y a plus de réelle politique agricole depuis vingt ans, pas d'harmonisation non plus dans le monde viticole. Dans peu de temps, si la conjoncture continue, il va falloir envisager des mesures telles que le regroupement des caves.

Aux vignobles de Carsac, de gros investissements ont été faits depuis 1992. La clientèle est locale, certes, mais surtout de passage grâce au tourisme. Les actions du caveau ont permis, chaque année, l'obtention de vins médaillés à différents concours.

Isabelle Chésa a fini ce tour de table en soulignant que le vignoble faisait partie intégrante de la culture et du patrimoine régional. Elle continue sa tournée puis en fera une synthèse qu'elle fera remonter au ministère de l'Agriculture.

10:57 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : viticulture |  Facebook | | |

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